Melbourne Watch Co. Burnley : Test & avis

Melbourne fait partie de ces villes dont on ne peut se lasser, tant ses quartiers sont divers et la vie y est agréable. Certains l’ont même renommée “le petit New-York” (5m d’habitants contre 8m pour la big apple) car elles partagent de nombreuses similitudes : une culture du café nécessitant un bac +5 pour s’y retrouver (vous êtes plutôt soy cap latte, flat white, long black ou piccolo ?) , ou encore un goût prononcé pour la fête et les restaurants ouverts tout au long de la nuit.

Melbourne Watch Co. (dorénavant MWC) rend hommage à cette vibrance en donnant des noms de quartiers iconiques à ses modèles. Nous nous intéressons aujourd’hui à la Burnley, dont le nom est tiré du classy quartier aux nombreux parcs. Au programme : un design rappelant les plus grandes icônes sportives à bracelet intégré, tout en ayant un caractère distinct et affirmé. Examinons cela de plus près !

L’histoire de Melbourne Watch Company

L’entreprise fut fondée en 2013 et s’est donnée pour mission de proposer une expérience premium à des tarifs accessibles. Si vous passez un jour dans les parages, je vous conseille d’ailleurs vivement de jeter un coup d’oeil à leur showroom, qui témoigne d’une approche client habituellement proposée par des marques de luxe plutôt que par des entreprises indépendantes.

MWC propose une gamme éclectique mais cohérente.

La conception, le contrôle qualité, l’entretien et les réparations des montres sont effectués dans les ateliers adjacents à la boutique. L’entreprise désire créer un engouement autour de l’horlogerie en Australie; et nous ne pouvons qu’apprécier la création d’emploi qu’entraîne cette volonté de rester local (quand beaucoup de micro-marques externalisent ces procédés). Avoir une main d’oeuvre qualifiée à portée de main leur permet par ailleurs de proposer une garantie de 2 ans ainsi qu’une politique de retour sous 30 jours.

Premières impressions

Une boîte sobre et élégante qui présage d’emblée de bonnes choses !

Comme beaucoup d’amateurs de montres, j’apprécie les belles boîtes et emballages. Toutefois, si ces derniers sont trop luxueux, j’ai souvent l’impression de me faire avoir, et me dis que j’aurais probablement préféré payer un peu moins mais ne pas avoir cette boîte en bois massif faisant 15 fois la taille de ma montre. MWC parvient ici à trouver un bon compromis et à proposer quelque chose de qualitatif sans être déplacé. La montre est fournie avec sa carte de garantie de deux ans ainsi qu’un livret de présentation et d’instructions.

Le Miyota 9015 embarqué démarre dès la prise en main.

Au premier abord, le polissage du bracelet intégré et de la lunette apparait comme étant bien exécuté et l’on peut distinguer une texture brossée intéressante sur le cadran. La présence d’aiguilles bleues et de la mention “automatic” rouge est intéressante, car respectivement plus souvent proposée sur des montres de costume ou des modèles sportifs. L’entreprise avait pour ambition de proposer avec cette Burnley un modèle à la fois propice au travail comme aux moments de détente et il faut bien avouer que cet équilibre est atteint grâce à ces petites spécificités.

Le poids de la montre m’a directement frappé à la prise en main du modèle : 170 grammes après mise à la taille du bracelet (pour un poignet de 17,5cm). Etant habitué aux modèles vintage au diamètre contenu (35/38mm, la plus lourde faisant 90g), j’étais quelque peu dubitatif quant au confort de porter un modèle si lourd au quotidien. Après quelques heures au poignet, la Burnley se fait cependant oublier et je fus surpris de la rapidité d’adaptation à un tel changement – la montre étant deux fois plus lourde que toutes mes autres montres. Malgré ses 42mm de diamètre et son imposant bracelet, le modèle parvient par ailleurs à rester élégant grâce à une très appréciable épaisseur de seulement 10mm. On sent tout de suite que le marque n’a pas lésiné sur la qualité et que le prix demandé de 850 AUD (au taux du jour 520 euros) est sensiblement justifié.

Caractéristiques

Cadran

La finition brossée apposée sur le cadran est du plus bel effet.

Le cadran fait 42mm de diamètre mais se porte légèrement plus petit du fait du bracelet intégré et de l’absence de cornes. Le modèle propose une belle présence et conviendra à la plupart des amateurs ayant un poignet d’environ 16,5cm de diamètre et plus. Le cadran possède une finition brossée du plus bel effet et j’apprécie tout particulièrement l’espacement des lettres sur la mention Burnley, apportant une belle cohérence au tout. La mention “automatic” apparait en rouge, ajout judicieux apportant de la vie à ce cadran argenté. Ce dernier est protégé par un verre saphir plat qui semble revêtu d’anti-reflet, permettant une très bonne lisibilité de l’ensemble.

MWC se distingue via l’ajout d’une trotteuse personnalisée et d’un jeu d’aiguilles peu commun.

Au niveau des aiguilles, la trotteuse reprenant le “M” de l’entreprise est très réussie. Ses deux autres consoeurs le sont selon moi un peu moins, et la montre perd quelque peu en harmonie du fait de leur design singulier. Malgré tout, ce jeu d’aiguilles permet l’application de lume, fait appréciable car rare sur les montres de ce type. Nous pouvons donc aussi voir du positif dans cette singularité ! A noter par ailleurs que les aiguilles bleues sont uniquement présentes avec cette déclinaison de cadran, mais sont argentées sur les autres itérations, couleur qui selon moi complimente mieux leur forme.

La typographie employée sur la roue de date est à mon sens légèrement trop fine et peu moderne, mais ce parti pris artistique a le mérite de différencier le produit de ce que fait la concurrence. Par ailleurs , plusieurs personnes de mon entourage ont trouvé ces chiffres élégants, donc c’est ici à vous de juger ! Outre ce détail subjectif, , le travail de cadran atteste du sérieux de l’entreprise, les indices bâton étant du plus bel effet et amenant un jeu de texture intéressant sur ce fond brossé.

Boitier

Le boitier est à la fois chic et casual grâce à son profil anguleux permettant d’accueillir le bracelet intégré. Le polissage est bien exécuté sans être trop voyant, du fait d’avoir choisi de nombreuses surfaces brossées.En se rapprochant, nous pouvons constater le travail effectué sur la lunette externe, qui est subtilement octogonale, agrémentée par un polissage brillant du meilleur goût. Autre caractéristique de bon ton, la couronne est gravée du logo de la marque, détail que je trouve crucial pour un produit dans cette gamme de prix.

A mon sens, ce genre de détail d’apparence insignifiant distingue les entreprises consciencieuses des autres.

La Burnley propose une timide résistance à l’eau de 50m et une couronne non-vissée, ce qui est compréhensible au vu de l’orientation définie par MWC. Une étanchéité plus importante aurait bien entendu était appréciable mais aurait compromis la finesse du boitier. Il conviendra donc de faire attention à la montre durant vos activités quotidiennes impliquant l’usage d’eau !

Une faible résistance à l’eau, mais un boitier éminemment élégant du fait de ses 10mm d’épaisseur.

Mouvement

Le moteur de la Burnley n’est autre que le très robuste Miyota Cal. 9015. Très apprécié des micro-marques pour la disponibilité des pièces, ses performances et son prix, il s’apparente à l’ETA 2824-2 et déclare une précision de -10/+30spd en sortie d’usine. Dans les faits cependant, mon exemplaire semble maintenir environ +8 spd, performance plus que respectable pour un tel mouvement. La fréquence d’oscillation de 28,800bph permet une course décemment fluide de la trotteuse, tandis que la montre offre une réserve de marche de 40h. Autre caractéristique appréciable : tirer la couronne en première position permet de changer la date rapidement, must-have des mouvements modernes permettant d’éviter la tendinite du pouce (autre technique : attendre que le jour indiqué sur la montre arrive pour la porter à nouveau).

Un rotor décoré dont la teinte se rapprochant du saumon plus que du cuivre amène une touche graphique appréciable !

MWC a choisi de proposer un fond de boite transparent afin de pouvoir observer le calibre en marche. Ayant le nez (malheureusement littéralement, drôle de hobby… !) dans les mouvements chaque jour que Dieu fait, je suis souvent dubitatif quant à l’interêt de proposer un fond transparent pour des calibres si banals. En prenant un peu de recul, c’est ce genre de petite spécificité qui peut donner aux novices le goût de l’horlogerie, nous saluerons donc cette inclusion. D’autant plus que je trouve le rotor décoré très sympathique avec sa couleur saumon peu commune. Autrement, il est vrai que ce Miyota n’offre rien de particulier à l’oeil, mais plaira sûrement aux personnes peu habituées aux montres automatiques.

Bracelet

Le bracelet est robuste et de bonne facture, bien au delà de la qualité de ceux livrés avec de nombreuses Seiko et consorts commercialisées à un prix similaire. Celui-ci fait 20mm à la boucle et s’élargit pour atteindre 24.6mm à la jonction du boitier. La boucle papillon est aisée à manipuler mais ne permet malheureusement pas de micro-ajustements, option pourtant appréciable durant les saisons où le poignet gonfle. Pour palier cela, il est possible de retirer des demi-maillons afin d’arriver à l’ajustement le plus confortable.

Un air de robustesse émane de ce bracelet, qui reste confortable malgré un poids conséquent.

Le polissage de l’ensemble est qualitatif et ce bracelet intégré est à mon sens le point fort de cette Burnley, rappelant des designs iconiques avec un twist délibérément unique et moderne. Comme indiqué plus haut, le poids de l’ensemble pourrait surprendre si vous êtes comme moi habitué à plus léger, mais ne devrait pas s’avérer inconfortable au quotidien (ce qui pourrait par ailleurs être signe qu’il est grand temps de ressortir les haltères !). Créer un modèle à bracelet intégré est un challenge conséquent pour une entreprise, car le client n’a pas le luxe de pouvoir le changer et celle-ci n’a donc pas le droit à l’erreur. La qualité du bracelet est souvent là que le bât blesse dans les montres en dessous de la barre des 1000 euros, et il est plaisant de voir que MVC a relevé ce défi avec brio !

En conclusion

J’étais initialement excité à l’idée de faire la découverte d’une marque locale dont les ateliers sont à quelques rues de chez moi, sans attente aucune concernant la qualité de leurs produits. Quelle fut donc ma surprise à la réception de cette Burnley ! Habitué aux modèles légers moins imposants, j’apprécie pourtant porter cette montre au quotidien, aussi à l’aise pour briller en salle de réunion que lors d’un Dimanche décontracté en famille.

Apprêté ou casual, la Burnley semble à l’aise dans tous les éléments (sauf l’eau !).

L’harmonie émanant de l’ensemble indique que la conception du produit a été méticuleusement réfléchie, et non pas que des pièces standards ont été maladroitement assemblées comme chez bon nombre de micro-marques. Les finitions n’ont rien à envier à certaines pièces commercialisées au double du prix, tandis que le mouvement facile à entretenir vous garantira de profiter de cette montre durant les décennies à venir !

Car il faut bien chercher la petite bête, je ne serais pas contre une future version proposant 100m d’étanchéité, une couronne vissée et (soyons fou) une typographie différente sur le disque de date. Le manque de micro-ajustement du bracelet pourrait aussi être adressé afin de convenir au plus grand nombre.

En attendant, cette Burnley est un choix alléchant pour qui cherche une montre à porter au quotidien, à l’aise dans toutes les situations et commercialisée à environ 520 euros. De la boite de présentation au polissage en passant par la texture du cadran et la couronne signée, MWC démontre une volonté de ne pas bâcler les détails. L’entreprise respecte ainsi sa philosophie de proposer des produits qualitatifs au prix juste. Une belle réussite qui me donne clairement envie de découvrir le reste de la gamme !

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